Souvenir CAN 2004: Les coulisses d’une première qualification racontées par Anicet Adjamonsi

Créée en 1962, la Fédération Béninoise de Football (FBF) a rejoint la FIFA la même année et la CAF 7 ans plus tard, c’est-à-dire en 1969. Si jusque que même le Bénin n’a encore participé à aucune phase finale de coupe du monde en sénior, il a participé au moins à une coupe du monde dans les catégories de jeune (U-20) en 2005. Le Bénin peut également évoquer ses trois participations à une phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Mais il aura fallu 35 ans après son adhésion à la CAF avant que l’exploit d’une première participation ne se réalise. Les Écureuils du Bénin ont en effet pris part à leur première CAN en 2004. Une participation à la CAN qui est le fruit d’un long travail entamé par le Comité exécutif de la Fédération Béninoise de Football avec à sa tête Martin Adjagodo et un vice-président très dynamique Enjorin Moucharaf . Une qualification qui est le fruit d’un long processus entamé au lendemain d’une sortie de crise au sein de la famille footballistique Béninoise. Aujourd’hui en 2019, cette historique qualification n’est plus qu’un souvenir dans la mémoire de certains férus du football. Les paroles et les pensées s’envolent tandis que les écrits restent. Pour faire corps avec cette dernière phrase, nous avions donc pensé faire revivre cette historique qualification au soir d’un dimanche de 6 Juillet 2003 aux amoureux du football.  16 ans après, l’un des grands artisans de cette époque en parle. Bénin Football a reçu pour vous Anicet Adjamonsi dans un entretien exclusif.

Anicet Adjamonsi

Jeune défenseur encore en formation au centre de Bordeaux, Anicet Adjamonsi est l’homme qui a mis sur orbite le Bénin pour la qualification à la CAN 2004 lors de son premier match en inscrivant le premier but des Écureuils à l’occasion des éliminatoires face à la Tanzanie au stade René Pleven de Cotonou. Un match que les Écureuils ont remporté de fort belle manière sur un large score de 4-0. Oumar Tchomogo et Laurent Djaffo seront les autres buteurs Béninois du jour. Aujourd’hui âgé de 34 ans, Anicet est en pleine reconversion professionnelle. En 39 rencontres discutées avec le Bénin, il totalise 4 buts dont deux contre la Tanzanie. Ce match est d’ailleurs sa première sélection. Il nous parle ici de son expérience au cours de la campagne.

Quel est le discours qui vous a convaincu afin d’accepter défendre les couleurs de votre pays ?

‘’Tout a commencé un jour, où, du retour des vacances lorsque j’étais encore au centre de formation des Girondins de Bordeaux, Anjorin Moucharafou m’a contacté. J’étais à la maison un après-midi lorsqu’il m’a rendu visite. Il m’a demandé quelles sont mes attentes et comment ça se passe au centre de formation. Je le lui ai un peu expliqué. C’est ainsi qu’il m’a fait part aussi des programmes de la nouvelle fédération, puis que sans vous mentir, à cette époque, moi-même je ne savais pas grands choses de ce qui se passait au sein de cette fédération. Donc c’est Anjorin qui était venu et qui m’a parlé un peu du projet. Je lui ai confié que si les matchs se profilaient à l’horizon, qu’il pouvait compter sur moi. C’est ainsi que je suis arrivé en équipe nationale A’’

Avant le premier match contre la Tanzanie, quel a été le discours de René Taelman alors sélectionneur du Bénin et du vice-président Anjorin afin de vous motiver ?

‘’C’est un match qui a été bien préparé dans son ensemble puis que les joueurs étaient arrivés plutôt, donc on a commencé les entraînements plus tôt. On connaissait bien le schéma tactique que voulait René Taelman, c’est un 3-5-2, trois défenseurs, 5 milieux de terrain et deux attaquants. Il y avait trois défenseurs centraux et deux ailiers dont je faisais partie puisque je jouais dans le couloir gauche. Après le jour du match, on a eu le président Anjorin et le président Adjagodo pour nous motiver. Ils nous ont expliqué l’importance du match. Quand vous commencez des matchs de poule, il est important de gagner la première rencontre, surtout quand c’est à domicile. Pour nous motiver, il ne fallait pas grande chose. Puis que si tu as la chance d’avoir dans ton équipe Moussa Latoundji, Amadou Moudachrou, tu ne peux que te réjouis. Ce sont des anciens, et nous à l’époque, on était très jeune, eux ils nous ont conduit directement à la victoire. Il y avait la qualité avec Chitou Rachad dans les buts. Nous, on était jeune et on les écoutait. C’est un tout avec un mélange de jeunes d’anciens avec des joueurs expérimentés qui jouaient à l’époque dans des grands clubs européens. Ils nous ont conduits directement à la victoire puis qu’il avait la qualité. Ils nous ont nous ont donnés beaucoup de confiance pour qu’on puisse mieux exprimer notre talent. Tout était réuni pour qu’on gagne ce premier match avec un public très très chaud qui nous a poussés à la victoire’’

‘’4-0 contre la Tanzanie, 1-1 en Zambie puis une défaite contre le Soudan. Après cette défaite qu’est ce qui se disait au sein du groupe ?’’

‘’On savait que c’était un faux pas, qu’on avait encore toute nos chances pour nous qualifier. On savait aussi que le dernier match était à domicile contre la Zambie. Mais on savait aussi que même dans nos contres performances, il ne fallait pas trop se faire distancer. C’est vrai que pendant les matchs de poule, on n’était pas constant puis que nos résultats étaient en dent de scie. Mais bon, on avait la chance de recevoir la Zambie au dernier match et qu’on avait encore la chance de nous qualifier si on gagne ce match’’

‘’Vous remontez la pente contre le Soudan. Vous gagnez la Tanzanie et enfin le rendez-vous tant attendu contre la Zambie. A la veille de ce match crucial, quelle était l’ambiance sein de l’effectif ?’’

‘’L’ambiance était normale et bonne. Toute la semaine on s’est entraîné normalement. C’est vrai qu’à partir de la veille, la tension a commencé par monter. On a reçu des supporters qui étaient venus à l’hôtel avec des tam-tams qui chantaient pour nous encourager. C’est ainsi que la pression a commencé par monter. C’est delà qu’on s’est rendu compte de l’importance de se qu’on faisait pour nous, pour les supporters et pour tout le Bénin. On savait qu’on allait se qualifier directement pour la CAN, et la veille on a commencé par sentir la pression qu’on n’avait pas droit à l’erreur chez nous à la maison.’’

6 Juillet 2003, un peu après 18h, c’est officiel, vous gagnez la Zambie et vous qualifiez le Bénin pour sa première CAN. Avez-vous compris l’exploit que vous venez de réaliser ?

‘’C’était la joie, c’était la folie avec l’ambiance un peu partout dans la ville de Cotonou et partout dans le pays. Personnellement, c’était de la fierté, de la joie et de la reconnaissance parce que je me suis rendu compte que j’avais la chance de faire partie de la génération qui a qualifié le Bénin à sa première CAN. J’étais jeune et très fier d’être béninois.’’

Aujourd’hui, le Bénin sera en Egypte pour le compte de sa 4ème CAN . Il est logé dans le groupe F avec le Cameroun, le Ghana et la Guinée Bissau.

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