Retour sur la ligue des champions Horoya AC – CS Sfax…depuis le haut de la tribune!

Horoya Athletic Club – Club Sportif Sfaxien

23/03/2014 à Conakry

 

C’est suite à une charge des forces de l’ordre dans la tribune, et avec l’aide d’une escorte renforcée, que le trio d’arbitres Angolais va pouvoir rejoindre les vestiaires… Après les véhémences du coach de l’équipe Guinéenne après le coup de sifflet final, c’était au tour du public de se soulager sur les responsables désignés de la défaite inattendue de leurs protégés en cette fin d’après-midi.

Parvis avant match
Parvis du stade avant le match

 

 

Du faux billet à la vague humaine, sans passer par la ola.

Ça sent le parfum des grands rendez-vous à l’approche du stade du 28 Septembre de Conakry en ce dimanche 23 Mars. Au abords du stade, les vendeurs de billets sont pris d’assauts par une foule massive : 2000 GNF (0,2euro) pour affronter le soleil, 10000 GNF (1euro) pour être en tribune couverte, 25000 GNF (2,5euros) pour la tribune présidentielle. Quelques faux-billets circulent. A base de photocopie,  l’arnaque est classique, mais les auteurs du larcin ne sont pas de grands bandits et les victimes sont rares. Policiers et militaires tentent de faire respecter une certaine forme d’organisation, mais l’effervescence est trop grande. A une heure du coup d’envoi le stade affiche déjà presque complet.

avant match
à l’heure de l’échauffement, le stade est presque plein

Dehors, ce sont de véritables vagues humaines qu’il faut surfer pour passer le contrôle de sécurité et rentrer dans la tribune. Un flot géré tant bien que mal pour réguler l’entrée et éviter les mouvements de foule. A l’intérieur, les escaliers ne laissent déjà plus qu’un mince sentier pour rejoindre sa place.  Il reste plus de 45 minutes à patienter avant le coup d’envoi… En haut des tribunes, un coin a été désigné pour servir d’urinoir. Nul doute qu’avec le nombre ce petit filet qui dévale la tribune va se transformer en grande cascade. Maracana style.

Contrairement aux Rajaouïs il y a deux semaines, aucun Ultras du CSS n’as fait le déplacement. Seul une délégation d’une cinquantaine de journalistes et d’officiels est là. Sur le terrain par contre, c’est une redoutable équipe qui vient se présenter. Champion de Tunisie, tenant du titre dans la coupe des confédérations, (victoire finale face au TP Mazembe), les tunisiens réalisent un bon début de saison et confirment leurs prestations XXL de la saison passée.

 

A l’entrée des joueurs, plus un espace de libre. Tout point de vue qui donne sur le terrain est occupé, le protocole peut enfin commencer.

Après les salutations présidentielles de rigueur, les locaux se réunissent dans leur but, avant d’aller demander une dernière fois à la foule d’intensifier ses clameurs. Arbitres et Tunisiens sont déjà en place depuis de longs instants. La confiance du coach Amara Traoré en conférence de presse « on va enflammer le match…les prendre à la gorge » est communicative. La foudre doit s’abatte sur le gardien tunisien.

joueurs dans le but
Horoya se regroupe dans son but

Défendons et « Notre jour viendra »

Seulement, les hommes de Hammadi Daou ne sont pas naïfs. Ils ont l’expérience de ces rendez-vous et se contentent de rester bien en place défensivement. Avec des Guinéens privés d’espaces en attaque, ce sont les contres Sfaxiens qui viennent provoquer des sueurs froides et calmer les ardeurs du public. Une piqure de rappel aux défenseurs s’ils se portent trop en attaque. L’absence des deux latéraux titulaires (suspendus) se fait déjà sentir.

Il faudra attendre la 25ième minute et un coup franc qui passe au ras du poteau, pour qu’un premier frisson traverse le stade. Le Horoya enflamme enfin le match et le public monte d’un ton. Kennedy tante une reprise de volée, mais il manque son geste, ça pousse.  Les tunisiens sentent qu’il faut tempérer l’ambiance, et utilisent la ruse pour que la civière fasse son apparition sur la pelouse à maintes reprises. Le rythme en pâtit et la fin du premier acte est sifflée, après une dernière tentative de Aly Badara Figo, qui a manqué de taille pour conclure au second poteau.

A 0-0, la mi-temps est l’occasion de sortir les tapis de prière pour les plus fervent pratiquants, ou de se placer pour le show case de la star du reggae local: Takana Zion. Le public se lève et montre soudain tout son potentiel. Les joueurs tunisiens dans le vestiaire situé sous la tribune doivent sentir qu’il vaut mieux ne pas prendre de risque, et qu’un but devrait calmer les 16 000 personnes présentes (minimum).

Les vibrations du rastaman ne sont pas encore retombées que l’arbitre siffle déjà la reprise.

 

Fakhreddine-Ben-Youssef
La joie de Ben Youssef

Les tunisiens se placent dans leurs camps et recommencent leur pressing très bas. Moussa Kennedy, l’atout offensif numéro un du soir, trouve enfin une bonne position de frappe, poteau, mais il est signalé hors jeu… La domination stérile des joueurs d’Antonio SOUARE sera punie par un contre fulgurant. Mahmoud Ben Saleh centre parfaitement et trouve la tête de l’inévitable Fakhreddine Ben Youssef. Le jeune buteur à la chevelure rousse singulière, au prénom kilométrique, et au talent tape-à-l’oeil. Les tunisiens peuvent célébrer, ils ont mis le but à l’extérieur qui compte double alors qu’il ne reste que 30 minutes à jouer. Les joueurs d’Amara Traoré sont assommés. Le stade est groggy, comme si il avait lutté contre le grand Yékini.

Après quelques minutes de flottement ou chacun a voulu endosser le costume du héros, ils finissent par se ressaisir. Le public attend l’égalisation au bout de l’un des nombreux centres et rush effectués dans les dernières minutes. Mais il n’en sera rien. Blaise Kouassi n’a pas scoré contre son ancienne équipe, et Horoya devra voyager en Tunisie avec l’obligation de gagner. « On vas rien lâcher et on vas les battre ». En conférence de presse l’ancien sélectionneur du Sénégal s’attèle déjà à la tâche.

 

Auteur d’une prestation solide, la juventus al arab, en rappel aux couleurs bianconero de la vielle dame de Turin,  sort sous les applaudissements du public guinéen. Mérité.

Les arbitres eux c’est une autre histoire, malgré les quatre très longue minutes d’arrêts de jeu, ils sont coupable d’avoir laissé les tunisiens gagner trop de temps, et de ne pas avoir siffler une main (ou deux) dans la surface. Discutable. Ils doivent attendre que les policiers leur dégagent le chemin, et les protègent de la pluie de sachets d’eau « Coyah bien glacé» qui leur tombe sur la tête. Il fallait bien évacuer la frustration de ce rendez-vous manqué.

Charge CRS
Les militaires rentrent au fond de la tribune couverte et dans l’étroit couloir

 

Après avoir éliminé les vice-champions du monde du Raja Casablanca, on leur avait promis une victoire et des buts. Ce soir ils n’auront rien… En cas d’élimination c’est pourtant la coupe de la confédération qui leur tend les bras. Un lots de consolations de choix, tant le manque d’expérience s’est fait sentir durant cette rencontre. Ils auront l’opportunité d’y faire leurs classes et de revenir en ligue des champions l’an prochain, plus fort. Pour renverser de nouvelles montagnes et atteindre enfin la convoitée phase de poule.

D’ici là,  il y a le classico Real Barca.C’est ce soir et ça tombe bien! La défaite sera vite oubliée…

 

PM Gosselin à Conakry

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