Kennedy coupe une aile à l’aigle vert

HOROYA ATHLETIC CLUB – RAJA CLUB ATHLETIC

Stade du 28 Septembre de Dixxin, Conakry. Dimanche 2 mars 2014

A la veille de la visite de Sa Majesté le roi Mohammed VI au pays de Sékou Touré, nous avons eu droit à un avant goût de ce sommet Guinéo-Marocain au stade du 28 Septembre de Conakry.

En effet, le 2ième tour de la ligue des champions CAF 2014 nous offre une affiche entre le champion du Maroc, tout récent finaliste du mondialito, et le triple champion de Guinée en titre. Sous un soleil de plomb, le parvis du stade est en ébullition en cette fin d’après-midi. L’union nationale décrétée par le président Antonio Souaré, est respectée à merveille. Pour preuve, ce sont les supporters de l’ASK, grand rival sur la scène locale, qui assurent l’ambiance en tribune officielle.

Au coup d’envoi, plus une place de libre. Une trentaine d’ultras Rajaouï  (Green Boys 05) se sont installés dans un petit carré de tribune VIP et accrochent leurs bâches péniblement.

avant match
Protocole

Le petit dernier de la famille Kennedy et  «Luis Figo »

Le coach Amara Traoré, ancien sélectionneur des lions de la Teranga, avait prévenu en conférence de presse: la qualification passera par une victoire à domicile. Ses joueurs s’exécutent d’entrée. Sans round d’observation, les rouge et blanc prennent rapidement le  contrôle de la balle au milieu du terrain et s’imposent dans les duels. Ils impriment le rythme du match et obligent les marocain à défendre. Beaucoup défendre.

Les deux ailiers guinéens, Moussa Keita « Kennedy » et Aly Badara « Figo » combinent sans arrêt, bien servi par le chef d’orchestre international Burkinabé Jean-Noël Lingani. Rapides et techniques, ils font toujours la différence.

Le Raja, lui, ne parvient pas à trouver son seul attaquant, bien muselé par la défense centrale, et à se donner un peu d’air. Du coup les coup-francs et corners se succèdent contre eux.

Sans surprise, c’est à la demi-heure de jeu que les aigles finissent par prendre un but sur un magnifique enchaînement. Une succession de une/deux conclue de près par le virevoltant Kennedy. Le stade explose. Les Casablancais sont KO. Ils ne montrent pas le moindre signe de réaction. C’est même le Horoya qui manque de faire le break avant la pause suite à un dégagement raté du pourtant très expérimenté Askri.

 

Show ragga, spectacle  pyrotechnique et festival de frappe

A la mi-temps, c’est SingleTon qui prend le micro, pour chanter la gloire du club des banlieusards de Matam. Avec ces rythmes des caraïbes, il maintient les supporters en éveil. Pas de break donc… au contraire, on se rue au premier rang pour approcher le roi du dancehall.

Au retour des vestiaires, c’est le coaching qui parle. Le Raja parvient à contrôler davantage le ballon et se crée quelques occasions, mais pas de quoi inquiéter le gardien et les supporters. Alors c’est des tribunes que viendra le réveil Marocain. Un craquage de fumigènes, ADN des ultras maghrébins, vient rappeler à tout le monde que c’est un grand d’Afrique qui est face au Horoya. Car sur la pelouse, difficile d’imaginer que c’est un triple vainqueur de la reine des compétitions continentale.

craquage GB 05
craquage GB 05

Il y a bien eu le prometteur Hafidi pour parvenir à se mettre en position dangereuse, mais sa frappe trop molle est une formalité pour le portier.

C’est à cet instant que « Figo » , Kennedy et ses coéquipiers ont décidé de montrer à leurs adversaires ce qu’est une frappe. Que ce soit sur coup franc, des 20 mètres ou dans un angle impossible, il n’aura manqué que quelques centimètres, une barre transversale, et un Askri très inspiré pour sortir la balle de sa lucarne, pour que le Raja AC ne rentre au royaume avec un déficit plus grand.

L’organisation prend le micro pour organiser la conférence de presse avant même l’annonce du temps additionnel. Car sur le terrain la messe est dite. Les Guinéens gardent leur cage inviolée, et se rendront au Maroc avec l’objectif de marquer un, ou plusieurs, buts à l’extérieur pour s’assurer la qualification.

Le président Antonio Souaré annonçait dans la presse que si le HAC (à quand une fusion symbolique avec le Havre AC, doyen des club en France?) passe l’ogre Rajouï, il peut prétendre à la phase de poule…

Ne mettons pas la charrue avant les bœufs, car si l’obstacle Marocain est écarté le week-end prochain, il faudra ensuite affronter un autre grand d’Afrique pour y parvenir, probablement les Tunisiens du CS Sfaxien vainqueur en Ethiopie à l’aller. Mais l’exploit est à la portée des protégés du magnat de la loterie.

foot et politique
Football et Politique « merci président », « merci Mme le ministre »

Pour cette première manche remportée haut la main, le Horoya ne le doit qu’a lui-même. Les Rajaouis devront montrer un tout autre visage s’ils veulent renverser la situation le week-end prochain au stade Mohammed V. Mais on se demande comment au vu de leurs performances en championnat et de la prestation de ce match aller. Mais en Afrique tout est possible, et on n’est jamais à l’abri d’une petite erreur d’arbitrage.

Par Pierre-Marie GOSSELIN à CONAKRY

Score final
Score final

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