Ce grand rêve de Wabi Gomez pour le football béninois

Ancien sélectionneur des Écureuils du Bénin, Wabi Gomez entraîne actuellement un club de la Ligue 3 béninoise, Sitatunga FC. Après la victoire de sa formation sur Espérance FC, celui qui a qualifié le Bénin pour la CAN 2008 s’est confié à nous dans une longue interview. Il est revenu sur les objectifs de son club, mais surtout sur les chances de qualification du Bénin à la CAN et au Mondial. Le technicien rêve d’un mondial pour le Bénin. Il est revenu aussi sur les ambition de la formation qu’il entraîne présentement.

Bonjour Wabi Gomez, quel est l’objectif général de Sitatunga FC ?

« L’objectif, tout en prenant un schéma classique de cursus scolaire, je pense que lorsque vous quittez le CP1, vous allez au CP2, et ainsi de suite. Ils viennent de monter en 3e division, et il nous faut suivre le projet qu’on a mis en place afin de faire en sorte que dans deux ans au plus, nous soyons en première division. Nous nous battons cette saison pour monter en D2. »

Quels sont les projets du club ?

« A court terme, nous avons un projet de jeu, et de position de base. Lorsque vous jouez à la manière du Barça ou du Real Madrid et que vous circulez le ballon, vous épuisez l’adversaire avant de pouvoir marquer des buts. Mais malheureusement, nos enfants confondent vitesse et précipitation. Ils sont parfois tellement pressés de bien faire que finalement on trouve des déchets à corriger. Avec mon staff, nous ferons ce qu’il faut pour qu’ils comprennent ce que c’est qu’un projet de jeu. Nous avons aussi un projet identitaire. Vous verrez que dans mon groupe, il n’y a rien que des béninois. Nous avons misé sur nos compatriotes, parce que dans toutes les catégories que nous devons jouer, il faut que ces enfants-là comprennent qu’ils sont des béninois. Vous ne verrez aucun étranger dans mon effectif. »

Pourquoi le choix d’un club en D3

« Je suis une peu les experts de la FIFA qui ont recommandé que nous partions de la base pour remonter vers le haut. C’est-à-dire que si nous faisons un travail de fond dès le bas âge, le football de haut niveau ne va pas souffrir plus tard. C’est ce qui a motivé mon choix. Je pense que c’est une vérité du football. Si nous voulons être solide, il faudrait déjà qu’au niveau de notre championnat, au niveau du football béninois, dans la nouvelle politique de relance que cela se ressente, heureusement d’ailleurs le ministère l’a compris avec les classes sportives. Je crois que ce sont des initiatives qui ont besoin de l’appui des techniciens que nous sommes. »

Les Écureuils à la dernière CAN, vos impressions

« Pour être honnête, nous sommes sur une bonne lancée. N’arrive pas en quart de finale qui veut, mais qui peut. Et c’est en cela que je salue le collègue Michel Dussuyer pour avoir trouvé une stratégie qui a donné de l’envie aux joueurs. Sur le plan tactique, ils ont été très rigoureux. »

Qu’est ce qui manque à notre football pour franchir ce palier tant espéré ?

« Il nous faut des doublons, de bons doublons, tant en attaque qu’au milieu de terrain et en défense. Vous voyez, ceux qui jouent actuellement en équipe, il y en a qui prennent de l’âge. On veut ou on ne veut pas, le principe voudra que ceux-là se mettent sur le côté parce qu’ils ne pourront plus donner le meilleur d’eux-mêmes. Or si déjà à la base dans tous les clubs, on met un système en place, nous aurons de fines fleurs que nous utiliserons au haut niveau. »

Parlons des éliminatoires de la CAN. Pensez-vous que le Bénin peut se qualifier dans sa poule ?

« Nous allons nous qualifier, et je le dis en bon technicien, ce n’est pas pour flatter quelqu’un. Il n’est pas question qu’après cette prestation en Egypte, que nous ne soyons pas au prochain rendez-vous. J’ai la certitude que nous allons nous qualifier avec le travail que fait Dussuyer. »

Et le mondial ?

« Nous pouvons sortir de cette poule. C’est vrai que le Madagascar fait figure d’un grand gabarit, mais ce n’est pas impossible pour nous autre. Je pense que si la discipline, l’envie, l’état d’esprit qu’affiche les joueurs des Écureuils actuellement, nous remettons encore la chose dans un souci de montrer aux gens que le football béninois a changé de pointure, de palier, je pense que nous pouvons nous qualifier pour la Coupe du Monde. Moi je rêve de cela. »

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