CAN U20 : La qualification était  »un fœtus mal conçu »

Ce dimanche, avec consternation, le public sportif a vu son équipe U20 se fait éliminer par les Black Starlets du Ghana sur ses propres installations au stade René Pléven. Battus 3-1 à l’aller, les Écureuils Juniors ont été contraints au nul (1-1) ce dimanche pour les éliminatoires de la CAN U20.

 

Un résultat largement insuffisant pour faire leur bonheur. Une élimination qui a mis tout un féru de football dans un deuil. Mais il y a un adage  de chez nous qui dit :  »Lorsque vous tombez, ce n’est pas où vous êtes tombés qu’il vous faut regarder, là où vous avez trébuché. Vous verrez surement la pierre qui vous a fait tomber. » Retournons alors en arrière dans les coulisses d’une qualification qui était déjà impossible depuis sa conception.

 

Le coach Valère Haoundinou, son staff et tous ces jeunes, pendant près de 5 mois nous ont fait rêver. Ils ont fait retrouver le chemin des stades aux amoureux du cuir rond pour des raisons sportives. Un rêve qui s’est malheureusement brisé avec l’élimination du Bénin au dernier tour qualificatif de la CAN U20 Niger 2019. A qui incombe cette élimination? Surement pas aux joueurs, ni au staff technique d’ailleurs.

 

Qu’il nous souvienne les conditions dans lesquelles le staff technique a été nommé. Le nombre de jours, qui séparait le premier match des Écureuils U20 de la date de nomination du staff. Un délai relativement court qui ne pouvait leur permettre de faire réellement le travail. Le forfait du Liberia a donné un peu de répit. Mais un répit qui n’était visiblement pas suffisant. Un staff nommé à moins de deux mois d’une rencontre, que pouvait-on attendre de mieux? Deux mois durant lequel il faut détecter les talents et mettre en place une équipe compétitive. Le Bénin n’ayant aucune compétition officielle des jeunes, ce travail était obligatoire pour avoir un effectif sous la main. Une fois l’effectif mis en place, il faut les mettre en jambe. On parlera des matchs amicaux livrés ça et là pour juger l’effectif. Mais ces matchs suffisent-ils pour avoir de la matière? Quelques matchs amicaux peuvent remplacer un championnat? Non et non. Le championnat étant aux arrêts depuis décembre 2017, on ne pouvait espérer mieux. L’expérience a été faite avec la sélection locale lors des éliminatoires du CHAN. Les arbres auront beau cachés la forêts, tôt ou tard, la vérité sortira.

 

Le plan de travail du coach Valère a t-il été respecté? Cette question mérite aussi d’être posée. A plusieurs reprises, le plan de préparation a été revu et révisé. Un soir de 8 Avril, alors que nous étions au stade Charles de Porto-Novo, le coach Valère apprend que les enfants ne seront plus au regroupement. Le regroupement a été annulé sans qu’il ne soit même au courant. Les raisons de cette annulation restent un mystère. Un fait qui n’est qu’un parmi tant d’autres qui en dit long sur les conditions dans lesquelles il a travaillé. A plusieurs reprises, les joueurs étaient obligés de travailler à la plage sur initiative personnel du coach et de son staff, pour permettre aux enfants d’être au point physiquement en attendant un autre regroupement proprement dit. Comment peut-on espérer une qualification dans ces conditions de travail? Franchir l’étape gambienne était même déjà un exploit compte tenu des circonstances dans lesquelles les enfants se sont préparés.

 

Pour revenir à l’effectif, voilà encore un hic. Des noms pour renforcer l’effectif ont été annoncés. Léon Meizou, le joueur de Galatasaray, pourquoi n’est-il plus arrivé ? Avant la rencontre contre le Liberia, le petit était blessé. Mais après, il s’est rétabli, et aucune autorité béninoise n’a jugé utile d’informer le coach. Si celà a été fait, c’était alors trop tard, puisque le petit n’est jamais venu. Pourtant le Bénin avait vraiment besoin d’un milieu de sa trempe. Ce n’est pas pour minimiser ceux qui ont été retenus, mais trop de poissons gâtent-ils la sauce? Nous parlons de l’effectif car lors du tournoi de la solidarité, certains joueurs ont été testés. Ce qui veut dire que le staff était aussi en quête de probable renfort. Pourquoi ne pas alors fait venir Meizou qui était très content à l’idée de jouer pour sa nation. Nous lui avions accordé une interview dans laquelle il nous a confié sa joie. Il y a peut-être une explication à cela. Un autre cas, Lamine Lamine Ahouissoussi. Un béninois que les autorités béninoises ont contacté. Qu’est ce qui s’est passé avec cet excellent attaquant? Des réponses sont attendues. Dieudonné Noumonvi, un autre cas. Jusque là, des questions subsistent quant à son absence de l’expédition Ghanéenne lors de la rencontre aller.

 

Cette élimination était prévisible. Le fœtus était mal conçu. Le bébé ne peut qu’être un  »Mort né ». Ne nous leurrons pas. Rien n’a été fait dans le bon sens du terme. Il faut simplement remercier les enfants qui se sont battus corps et âmes pour faire rêver le public. Malheureusement, le rêve a été brisé. Cette aventure prend fin de manière prématurée et fait revenir les uns et les autres à la triste réalité de ce qu’est le football béninois en réalité. Comment peut-on concurrencer une nation qui est régulièrement en championnat? Le même danger guette les seniors et le U17. Nous ne voulons pas être une mauvaise langue, ni une langue de vipère, mais c’est l’amère réalité.

 

C’est une nouvelle génération qui vient d’être victime de l’amateurisme qui a toujours animé le football béninois depuis un bon moment. Que deviendront ces jeunes après cette belle expérience? Visiblement rien. Chacun reprendra son bâton de pèlerin. Le championnat n’existant pas, ils vont raser les murs de Cotonou et de ses environs pendant un bon moment encore, dépenser les quelques miettes gagnées et bonjour à nouveau la galère.  Cette désillusion est un message fort à l’endroit du nouveau comité exécutif. Un sérieux travail doit-être fait pour redresser la pente. Un vrai chantier attend Mathurin de Chacus et son équipe. Il est temps de mettre de l’ordre dans le désordre. Il faut maintenant siffler la fin de la récréation.

Laisser un commentaire intéressant par facebook!

1 commentaire sur “CAN U20 : La qualification était  »un fœtus mal conçu »”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *