Au Brésil le football n’est plus Roi!

Au Brésil le football n’est plus vraiment Roi!
Le lundi près de 300 personnes ont tenté de rejoindre le stade de Maracana dans la ville de Rio de Janeiro. Ils protestent contre le coup trop élevé de l’organisation de la Coupe du Monde de Football qui se tiendra l’an prochain au Brésil, ainsi que la tenue d’autres événements sportifs à venir comme la Coupe des Confédérations ou les Jeux Olympiques de 2016.

Pacifique au début, la manifestation a dégénéré à la nuit tombée.

Le lundi dans la nuit la contestation a pris une ampleur inédite et s’est étendue à une dizaine de villes au moins. Dans la capitale Brasilia, quelque 100 000 personnes, des jeunes pour la plupart, ont manifesté pour dire non à la hausse des tarifs dans les transports publics.Des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ont aussi éclaté à Rio. Si certains en appellent à la révolution, la plupart veulent surtout plus d’argent dans la santé et l‘éducation.

Pourquoi la contestation prend-elle forme maintenant ?

Tout le monde a été pris de court par l’éclosion soudaine des événements. Les manifestations de lundi soir répondent à un climat d’insatisfaction générale. Ainsi, alors que la hausse des tarifs des transports publics à Sao Paulo apparait comme une des principales revendications, la mobilisation la plus forte est enregistrée à Rio.

Les rassemblements ont pris forme grâce aux réseaux sociaux et à la viralité de plateformes comme Facebook et Twitter qui sont venus gonfler les rangs des manifestants. Pour la première fois, les gens ne descendaient pas dans les rues à l’invitation d’un syndicat, ou d’un parti politique . C’est ce qui a rendu ce mouvement imprévisible. Une fois la mobilisation lancée, l’effet « tache d’huile » est devenu incontournable et le mimétisme social a accompagné les rassemblements, les élargissant à de nouvelles villes.

Quelles sont les attentes de ceux qui manifestaient lundi soir ?

Elles sont multiples. Il y a tout d’abord, la question du pouvoir d’achat. Celui des couches populaires a sérieusement augmenté grâce au programme social « Bolsa Familia », initié par le gouvernement Lula. Distribuées sous forme d’allocations, ces ressources permettaient d’aider les foyers les plus pauvres, contribuant à la hausse du taux de scolarisation au Brésil. Ce progrès est désormais considéré comme un droit acquis par les populations en question qui attendent plus de la part du gouvernement. A cela, s’ajoute l’inquiétude diffuse qui entoure l’inflation des produits alimentaires, proche de 13%. Cette augmentation qui entraine une érosion progressive du pouvoir d’achat fait d’autant plus peur que les bonne nouvelles économiques se font de plus en plus rares au Brésil.

Enfin, ce que dénonçaient particulièrement les Brésiliens descendus dans les rues lundi soir, c’est le décalage entre l’agenda sportif et social. Si le Brésil est fier d’afficher un calendrier chargé, de la Coupe du monde de football de 2014 aux Jeux Olympiques de 2016, tout cela a un coût. Les deux manifestations sportives exigent de lourds investissements financiers pour les nouvelles infrastructures. Depuis quelque temps, le gouvernement s’est lancé dans une grande campagne de communication qui vise à promouvoir, à coups de spots publicitaires, les nombreux travaux amorcés en vue des deux événements. Les Brésiliens semblent être parvenus à une phase de saturation face à l’omniprésence de ces enjeux économiques. Ce décalage est de moins en moins bien perçu et des comparaisons commencent à faire surface dans la presse brésilienne.

Plusieurs villes abaissent le prix des transports

Porto Alegre, Recife et d’autres grandes villes ont annoncé ce mardi des réductions des prix des transports publics.
A Porto Alegre (sud), le berceau du Forum social mondial, où lundi la manifestation a réuni 12.000 personnes, le ticket de bus est passé de 3,05 à 2,80 reais (de 1,07 à 0,98 euro) après le retrait d’un impôt, a indiqué le maire de la ville.
A Pelotas, une autre ville de la région, le prix du ticket de bus a été réduit de 15 centimes et est désormais de 2,60 reais. A Recife et dans sa banlieue (nord-est), le prix du ticket a baissé de 10 centimes ainsi qu’à Cuiaba (centre-ouest) et Joao Pessoa (nord-est). A Sao Paulo (sud), où les prix des transports sont récemment passés de trois a 3,20 reais, les manifestants ont demandé le retrait de l’augmentation et même la gratuité des transports publics.
Le maire de Sao Paulo, Fernando Haddad, a accepté mardi de revoir les tarifs après une réunion avec des représentants du mouvement pour la gratuité des transports qui ont dit que les manifestations se poursuivraient jusqu’à l’annulation de l’augmentation.

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